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27/10/2018

Jean Ferrat l'affranchi

Si un de mes élèves me demandait aujourd'hui "Est-ce que je dois lire Marx, Proudhon ou Freud ? Qu'est-ce qui est le plus important ?» Je répondrais Jean Ferrat,
Parce-que le chanteur a tout compris !
Si tu as raté l'émission d'hier soir sur la 3 ne manque pas le replay. En dehors du plaisir de l'entendre chanter encore une ois, tu redécouvriras tous les traits attachants du personnage. 
Etait-il communiste, écolo ou tout simplement anarchiste ? Les trois mon capitaine ! Oui, il était communiste ! Mais pas l'adhérent inconditionnel du parti. Il n'a jamais pris sa carte ! Mais l’assoiffé de justice, d'égalité. Le rêveur d'un monde meilleur. Un monde qui ne serait plus basé sur l'argent, mais sur l'humain, sur la culture. Et il ne s'est pas contenté de le rêver, il l'a réalisé à son échelle. Quel exemple ! Quelle force de caractère pour résister aux trompettes de la gloire, à l'appel de l'argent, et se retirer pour une vie simple de jardinage,de pétanque de jeux de cartes ! Il a dénoncé l'audimat qui tuait l'art tout simplement et prôné un tout autre art de vivre.
Et sa conception du couple ? Tout simplement libertaire. J'allai dire libertin, mais ce mot a perdu tout son sens. J'aime le répéter mais libertinus, c'était l'esclave affranchi. Au XVlIème, le libertin, c'était celui qui s'affranchissait de la tutelle de l'Église. Aujourd'hui, pour moi, le vrai libertin, c'est celui qui s'affranchit de la pensée dominante. Et pas seulement pour les mœurs, mais pour tout. Jean Ferrat était cet affranchi. Capable de vivre sobrement. Et de se battrre pour un monde ou tout individu peut être lui-même.
Ce monde, Jean Ferrat l'a rêvé en 68. Il l'a rêvé à Cuba. Comme Aragon qu’il a si souvent chanté il a désespéré. Mais il nous a laissé son rêve et … ses chansons.

 

Pierre Otchick

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