23/09/2014
Les filles nues, la Ferrari et le pouvoir
Un fait divers comme tant d’autres ! Pourquoi m’attarder alors qu'il y a tellement de sujets graves qui nous interpellent ? Je fais comme nos chaînes d'information continue ? Tu sais les deux jumelles qui nous abreuvent de chiens écrasés quand elles ne sont pas victimes de leur hypersarkomanie ! Non, mais j'ai bien droit à un moment d'insouciance, de légèreté ! Léger ? Pas tant que ça ! Tu vas voir.
Il s'agit de deux étudiantes qui avaient envie de se payer du bon temps... ou d'arrondir leur fin de mois. Elles se retrouvent sur le siège passager d'une Ferrari, toutes les deux. Peut-être pour se tenir chaud, puisqu'elles étaient toutes nues. Ne ricane pas, elles l'ont payé de leur vie !
On pourrait tourner la page si cela n’avait pas eu lieu à Pékin et si un grand journal chinois n'avait pas ressorti l'affaire – qui date du mois de mars – tout simplement parce que le conducteur était le fils du directeur de cabinet de cabinet de Hu Jintao, L'homme fort du PC chinois. Lutte contre la corruption ? On pourrait le penser quand on sait que la Ferrari vaut 700.000 dollars. Ou tout simplement lutte d'influence ? Certains commentateurs pensent que c'est la suite de la bataille au sein du comité permanent du bureau politique pour s'approprier le pouvoir.
Tu t'étonnes ? Notre système électoral se réduit à de telles luttes. Rien n'est changé depuis les monarchies. Regarde ce qui se passe en France. Manuel Valls a-t-il une compétence économique, sociale ? L'a-t-il prouvé dans sa carrière ? Nenni ! Sa vie se résume à des magouilles pour occuper un poste. Il est l'exemple type du professionnel de la politique. Et il n'est pas tout seul. Une démonstration de plus : moins on donne de pouvoir aux terriens et mieux la Terre s'en porte.
Pierre Otchick.
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21/09/2014
Jaurès, la foi et Le Figaro III
Pour Claude Obadia
Bonjour. Hier, j'ai récidivé puisque j'ai encore affirmé que tu étais de mauvaise foi. Je dois te donner le fond de ma pensée. Tu as foi dans le capitalisme. Pour moi, ce ne peut être qu'une mauvaise foi ! Mais entre nous, pour un raisonnement scientifique, toue foi est dangereuse. Pour un philosophe, c'est pire. Même s'il est croyant, quand il écrit un essai, ou une tribune, il ne doit pas avoir le même comportement que lorsqu'il fait de la théologie, il doit procéder par des raisonnements irréfutables. Si tu pars du principe que le capitalisme est la meilleure des choses, et que Jaurès était intelligent, il fallait absolument prouver qu'il ne le condamnait pas. Malheureusement, ta preuve a fait log feu !
Mais au fait, est-il vraiment important de savoir si Jaurès a dit ça ou pas ça ? Je ne suis pas comme certains marxistes qui considèrent que tout ce qu'a dit Marx est parole d'évangile. Si Jaurès a dit un jour une bêtise, je n'en ferai pas une maladie. Et toi non plus. Ce qui compte, c'est ce que nous pensons à la lumière de ce grand homme. Mais cette lumière n'a pas beaucoup éclairé Le Figaro. Bien des penseurs d'aujourd'hui rejoignent Jaurès dans l'analyse des failles du capitalisme. Piketty, Rifkin, Graeber, Baschet, pour ne citer que ceux que Télérama évoque cette semaine. Mais Le Figaro reste sourd et aveugle.
Les chiens aboient, la caravane passe. Rien ne pourra arrêter la marche de l'humanité vers un avenir meilleur. Que dis-tu ? « C'est un acte de foi ! » Peut-être, mais ça, c'est de la bonne foi.
Pierre Otchick.
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20/09/2014
Jaurès, la foi et Le Figaro II
Il pleut. Pas étonnant, figure-toi que Claude Obadia a répondu à mon attaque du mois dernier. Je suis très honoré ! Je lui reprochais de ne pas citer ses sources. Il m'a répondu que c'est ce qui différencie une tribune d'un essai. Un point pour lui. Après tout, il n'y a aucune loi qui oblige à citer ses sources.
Mon cher Claude, tu es pardonné. Excuse-moi si je te tutoie, mais c'est le cas avec tous mes anciens collègues. Ce n'est donc pas un manque de respect, mais un appel à l'amitié, une réponse à ton « cordialement ». Malheureusement, cette amitié risque de tourner court parce que je vais être très dur avec toi et je pense que tu vas rompre le dialogue.
Avant la bagarre il faut quand même que je te remercie de la référence que tu me donnes. Je ne la connaissais pas. Par contre, la BNF est un peu loin de ma campagne, mais je l'ai trouvée sur la Toile. Tu vois, malgré mon grand âge, je suis mentalement plus jeune que toi.
Revenons à nos moutons. Un grand merci, d'abord parce que ce texte est superbe, mais surtout parce qu'il apporte de l'eau à mon moulin. Tu affirmes «[...] le député de Carmaux est convaincu que les intérêts de la bourgeoisie possédante peuvent se concilier avec ceux de la classe ouvrière et, de fait, qu'il n'est nullement nécessaire, pour réaliser la justice, d'abolir la propriété privée ». Je n'ai rien trouvé de semblable. Bien au contraire.
« Oui, le Parti Socialiste est un parti d'opposition continue, profonde, à tout le système capitaliste, c'est-à-dire que tous nos actes, toutes nos pensées, toute notre propagande, tous nos votes doivent être dirigés vers la suppression la plus rapide possible de l'iniquité capitaliste. »
Je confirme donc ma dernière assertion, tu es de mauvaise foi ! Tu affirmes aussi que Jaurès était « convaincu que la lutte des classes peut se mener dans les urnes,... ». Sa pensée est plus nuancée.
« […] l'heure viendra où le parti socialiste unifié, organisé, donnera l'ordre à l'un des siens ou à plusieurs des siens, d'aller s'asseoir dans les gouvernements de la bourgeoisie pour contrôler le mécanisme de la société bourgeoise, pour résister le plus possible aux entraînements des réactions, pour collaborer le plus possible aux œuvres de réforme.
[…] et cela pour faire d'abord œuvre de réforme, et dans la réforme, œuvre commençante de révolution ; car je ne suis pas un modéré, je suis avec vous un révolutionnaire.
Alors, Claude, qu’en penses-tu ? Et quelle note me donnes-tu pour ma disserte ?
Pierre Otchick.
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