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12/04/2012

Plafonner les salaires, une vieille idée qui redevient d’actualité.

Ceux qui me connaissent bien savent à quel point je suis réticent devant tout règlement. Il vaut mieux changer les mentalités que légiférer, c’est mon crédo. Mais quand on voit un patronat complètement sourd à l’indignation de tout un peuple, continuer à imposer l’austérité et s’octroyer des salaires mirobolants, ça ne va plus du tout. Il faut plafonner les salaires ! C’est Sam Pizzigati, un états-unien qui, dans Le Monde Diplomatique de Février,  affirme que c’est une vielle idée venant de son pays. Étonnant, n’est-ce pas ?

Et pourtant,  Félix Adler en parlait déjà en 1880, sans succès. Mais nécessité fait loi et la guerre change bien des choses : « le taux supérieur d’imposition sur les revenus dépassant le million de dollars passe de 7 % en 1914 à 77 % en 1918. » La paix fait tout oublier et « En 1925, le taux d’imposition maximum est de 25 % ». La crise de 1929 ranime le sujet. En 1933 un jeune sénateur « propose l’instauration d’un plafond à 1 million de dollars pour les revenus annuels individuels ». Il est assassiné en 1935.  F. Roosevelt ressort l’idée en 42 et « en 1944, le Congrès fixe le taux d’imposition des revenus supérieurs à 200 000 dollars à (…) 94 % ». Le 18  décembre dernier, un juriste à Yale et un économiste à Berkeley publient « dans le New-York Times un plaidoyer convainquant pour  [limiter] le revenu moyen des 1 % d’Américains les plus riches à trente-six fois le revenu médian [1]». Le pays le plus capitaliste du Monde serait-il plus intelligent que l’Europe ?

Jusqu’à présent seules les guerres ont réussi à imposer l’idée. Mais, ne sommes-nous pas en état de guerre avec tous les suicides qui ont lieu chaque jour en Europe ? Ces morts ne suffisent-elles  pas ?

Pierre Otchick.


[1] Mélenchon veut limiter les salaires à 20 fois le Smic (proposition de la Confédération Européenne des Syndicats). Ne le ratez pas dans « Des paroles et des actes » ce soir sur la 2.

 

11/04/2012

Rêve pour rêve

Mélenchon nous invite à une rêve party. C’est ce que pense Michel Abescat avec un excellent article dans le Télérama de cette semaine (n° 3247 p 13). A la page 20 Georges trouve lui que Mélenchon n’a plus les pieds par terre. Tout le monde rêve : Sarko d’être réélu, Poutou d’une révolution sans passer par les urnes, Cheminade de rendre son atmosphère à Mars et tous les autres de moraliser le monde de la finance… Quant aux français ils rêvent qu’en donnant les pleins pouvoirs à un seul homme, il fera des miracles. Quand donc les terriens arrêteront de rêver et se prendront par la main pour changer les choses ? Rêve pour rêve, c’est donc celui de Jean-Luc qui me parait le plus sympa puisque c’est ce qu’il nous invite à faire…

Pierre Otchick.

10/04/2012

Et pourquoi un petit patron invite à voter Mélenchon

Cet appel envoyé à Mediapart mérite une lecture intégrale. Jugez-en sur ces extraits :

  - Le CDI comme contrat standard. (…) Je préfère faire en sorte que les employés de l’entreprise se sentent bien dans leur peau plutôt que de leur faire peur. (…)Ces nouveaux salariés, en CDI, rassurés sur l’avenir pourront consommer raisonnablement des produits réindustrialisés en France grâce à une politique favorisant la relocalisation mais aussi nous protégeant de l’entrée en France de produits low-cost (…)

- Le SMIC à 1700 € brut représente bien sûr une augmentation de nos charges salariales mais accoudée à d’autres mesures [prévues, cela relancera l’économie]

 - Régulariser les travailleurs sans papiers permettra de rétablir une concurrence loyale (…) mais aussi permettra à ces salariés de consommer, (…) : la France ou tous ont les mêmes droits au travail !

- La démocratie dans l’entreprise.  (…) la réalité du programme du Front de Gauche permet simplement aux employés d’avoir un regard sur la gestion de l’entreprise pour éviter, par exemple, qu’un patron confonde la caisse de l’entreprise avec la sienne ou qu’il licencie parce qu’il ne fait pas assez de bénéfices.

- La création d’un véritable pôle public de financement des entreprises nous permettra de pouvoir améliorer notre gestion de la trésorerie et entrevoir la possibilité de lancer des investissements beaucoup plus simplement.

Autrement dit, pour lui, Mélenchon c’est gagnant-gagnant pour les employés et les petits patrons… Évidemment, les patrons du CCA 40 qui, comme Total, utilisent les paradis fiscaux pour ne pas payer d’impôts, ne sont pas du même avis !

 

 Pierre Otchick.