03/03/2015
Adam Smith avait raison I
Oui, ami lecteur, aujourd’hui, je vais me faire le chantre du pape du libéralisme. Tu connais son axiome de base : la somme des égoïsmes individuels vise au bonheur de tous... grâce à la main invisible du marché. On n’arrête pas de nous le répéter ! Sauf que d'abord, Adam Smith raisonnait à l’échelle d'un pays... et que notre économie se mondialise de plus en plus et que surtout, il avait montré que ça ne peut pas marcher pour la finance. C'est vraiment curieux que nos édiles aient oublié ce petit détail... à l'heure du capitalisme financier !
C'est Arte qui apporte de l'eau au moulin de notre ancêtre, avec un docu assez ravageur. Les entreprises qui recherchent Le bonheur au travail[1] font une envolée spectaculaire (Télérama dixit) :
« Dehors, les petits chefs, toute cette hiérarchie intermédiaire chargée de contrôler les employés. Bienvenue à une nouvelle culture d’ entreprise : désormais, il s’agit moins d’exécuter des tâches que de prendre des initiatives. ». Rechercher le bonheur plutôt que la productivité s'avère... productif. Adam Smith avait raison.
Le problème, c'est que, au lieu de laisser faire la Nature qui pousse les hommes à chercher... le bonheur, nos dirigeants fonctionnent avec une idéologie 'impérialiste' et s'imaginent que la schlague donne de bons résultats. On en a la preuve tous les jours avec les gens qui se suicident au travail. Voilà un très bon exemple de l'interaction entre culture et économie : l'idéologie capitaliste agit contre son propre intérêt !
Quand inventera-t-on un système qui favorisera la gestion des entreprises par les travailleurs. J'ai connu un propriétaire de plusieurs et fructueuse écoles privées qui me disait « Si j'avais une usine, je la louerais au personnel. » Pas si bête !
14:39 | Lien permanent | Commentaires (0)
05/02/2015
ΣΥΡΙΖΑ δημοκρατί
J'aurais pu mettre n'importe quel titre avec Syriza et la démocratie, mais tu ne trouves pas que c'est plus joli en grec ?
D'abord des excuses, ami lecteur, pour t'avoir abandonné si longtemps. Qu'est-ce que tu veux, l’actualité ne me donnait pas envie de commenter. Et pour tout t'avouer, j'en avais marre de parler dans le désert (oui, je ne prêche pas)1. Qu'est-ce que tu dis ? Je fais une crise d'abandonnisme ? Exactement ! Tu vois, dans leur manipulation génétique pour me faire ressembler à un terrien , les dzêtaens ont drôlement réussi : je réagis comme un terrien !
Revenons à nos moutons. Tu sais à quel point je suis contre la démocratie. Ce système qui permet à quelques 10 à 15% de la population (en tenant comptes des abstentions) de déléguer tout leur pouvoir à quelques professionnels, véritables marionnettes des lobbyistes. Alors là, je suis bluffé ! Et si, ce coup-ci, ça avait marché ? Tu as vu les propositions du nouveau gouvernement grec pour le remboursement de la dette ? À défaut de l'annuler (avec le paiement d'intérêts exorbitants, ils l'ont bien remboursée!), c'est pas si mal ! J'avoue ne pas bien voir la différence entre des obligations basées sur la croissance et des obligations perpétuelles2, mais c'est un début ! Est-ce que ça va passer ? Y a rien de sûr ! En tout cas, cela prouve une chose, c'est que la Terre est bien gouvernée par la finance ! C'est tout le système qu'il faut changer ! Pour le remplacer par quoi ? Ce n'est pas à moi de te le dire : tu sais très bien que les extraterrestres n'ont pas le droit de s'occuper des affaires intérieures des terriens. De toute façon, proposer un système, c'est du constructivisme : ça ne marche jamais. Il faut laisser Mère Nature faire son boulot. En l’aidant un peu, Un peu plus quand même !
Pierre Otchick.
1 Non, ''Bagarre ! Bagarre !'', je ne parle pas pour toi, mais tu es tout seul ! Merci donc !
2 Voir Le Monde d’aujourd’hui.
15:19 | Lien permanent | Commentaires (0)
10/01/2015
Bêtise et méchanceté
Tu me connais, ami lecteur, je n'aime pas beaucoup analyser l'actualité à chaud. Surtout quand elle est dramatique. D'ailleurs, tu n'avais pas besoin que j'ajoute mon grain de sel aux commentaires – souvent excellents – qui n'ont pas manqué de déferler. Ce qui m'a frappé, c'est la bêtise incommensurable de ceux qui n'ont pas cessé d'attaquer Charlie Hebdo. L'humour serait le propre de l'homme ? Alors, avec Diogène, je vais prendre ma lanterne pour chercher un homme Il n'y en a pas beaucoup qui ont vraiment le sens de l'humour. ! Donc, il n'y a pas beaucoup d'hommes !
Encore faut-il comprendre la caricature ! Je ne me souviens plus qui a dessiné un intégriste pestant contre une caricature du prophète... qui se trouve être simplement un dessin de Bugs Bunny. Eh bien l'auteur, tu as du en entendre parler, s'est vu agresser pour avoir caricaturer le prophète ! Qui a dit « La bêtise humaine est ce qui donne le mieux la notion de l'infini ! » ? Jaurès a bien raison ! La révolution doit commencer par l'éducation ! As-tu remarqué qu’obscurantisme est souvent synonyme d'intégrisme,
Mais de la bêtise à la méchanceté, il y a un fossé. Qui est vite franchi. Je pense, je l'ai déjà dit mais je ne sais plus où (tout ça pour me faire pardonner si je commence à radoter : à mon âge, c'est normal!) que l'effort exigé par l'observation d'une morale trop stricte ne peut se faire sans refoulement. Et quand la pression de la vapeur dans la marmite de Denis Papin monte trop, elle exige une soupape. Quoi de plus facile que de sadifier ses pulsions en projetant sa haine sur le mécréant, l'infidèle...
Il y a bien d'autres terreaux sur lesquels la bêtise peut pousser et se transformer en méchanceté. Et même en barbarie. J'ai trouvé l'analyse de Sylvie Brunel particulièrement pertinente. Je ne peux pas m'empêcher de te la livrer quasiment in extenso, Pardonne-moi, mais si tu fais l'effort de la lire jusqu'au bout tu comprendras pourquoi. C'était aux infos d'hier soir. Sur Arte, bien entendu !
« Il faut dépasser la douleur de la disparition de Charb et de tous nos amis (…). Il faut dépasser le problème du Djihad et de l'Islam, parce qu'on se rend compte que notre société mondialisée a suscité partout des frustrations et des rancœurs auprès de personnes qui cherchent des canaux. Et le grand défit qui se présente à toutes ces sociétés hébergeantes, qu'elles soient occidentales ou des pays du sud, c'est ce qu'on appelle 'le terrorisme de basse intensité(!)' c'est-à-dire les loups solitaires, les gens qui, au sein des masses urbaines, ont perdu la sociabilité des communautés traditionnelles, n'ont plus de repères. Souvent, ils viennent de familles disfonctinnelles. Ils cherchent des voies. Le djihadisme en est une, mais il y en a d'autres. Dans toutes ces grandes métropoles de la mondialisation, aujourd’hui, l'insécurité croit. À cause de l'ampleur des inégalités. (…) On a abandonné la politique des quartiers... Il faut savoir qu'aujourd'hui, dans les quartiers, il y a des kalachnikovs en pagaille (…)
-
Élisabeth Quin : Ce n'est pas lié au trafic de drogues ?
-
Sylvie Brunel : L'un se finance sur l'autre.
Et de ce fait on se retrouve avec des dangers potentiels au cœur même de notre société. Et se focaliser sur l'Islam c'est, à mon avis, une erreur.
- Élisabeth Quin : C'est tomber dans le piège tendu par le Djihad et autres pour monter les communautés les unes contre les autres.
-
Sylvie Brunel: Exactement ! »
No comment !
Pierre Otchick.
19:18 | Lien permanent | Commentaires (0)